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Une Part d’Eux : l’album photo

La réinvention du quartier passe par de nombreux travaux, parfois lourds. Alors pour apporter à tous les usagers – qu’ils soient métropolitains, touristes ou professionnels – un moment de détente et de contemplation, la SPL a installé sur les 150m de palissade de la rue Bouchut une exposition photo. Intitulée « Une Part d’Eux », elle présente 20 portraits d’acteurs, usagers anonymes qui incarnent la Part-Dieu au quotidien. Ces 20 personnes se sont prêtées au jeu, sous l’objectif de Bertrand Gaudillère, photographe du collectif ITEM.

Nadia

Chef de projet Qualité Caisse d’Epargne Rhône Alpes

C’est la voix du client à la Caisse d’Epargne Rhône Alpes. Une voix modulée, chaleureuse, déterminée. Chef de projet au niveau de la qualité, Nadia a investi son bureau au 31e étage de la Tour Incity il y a dix-huit mois. Depuis, sa vision de la Part-Dieu a changé – au-delà de la vertigineuse vue à 360° qui est son luxe quotidien. « C’est un quartier bien vivant, pas seulement un quartier d’affaires ! Le matin, on croise des enfants en trottinette, leurs parents, des poussettes. Des gens qui prennent le café en terrasse en toute saison. » Elle aime traverser le pont Lafayette à pied en partant de la Presqu’île. « Depuis les travaux, c’est beaucoup plus plaisant, on dirait même que c’est plus près ». Elle apprécie les espaces verts, en imaginant déjà comment ce sera quand la végétation, encore jeune, aura poussé. Elle en profite aussi, à midi, pour faire ses courses – coiffeur, cadeau d’anniversaire pour un copain des enfants – qui sinon grignotent le week-end.

Mais elle ne fait pas que se balader. Pour son travail, Nadia sillonne la Métropole – des portes du Beaujolais jusqu’à Vienne – pour animer le réseau commercial et partager les résultats des enquêtes qualité effectuées dans l’objectif d’améliorer la satisfaction du client. Que son bureau soit dans un quartier aussi bien desservi par les transports en commun lui permet de s’organiser pour un maximum d’efficacité et, quand elle n’a pas de rendez-vous à l’extérieur, elle passe d’un étage à l’autre de la Tour Incity, puis qu’elle travaille en transversal avec l’ensemble des services de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes. « La Tour impressionne, certes, mais il y a eu une véritable volonté de la part de la direction de rendre vivants ces grands espaces. Les agencements sont très contemporains, tout est modulable, les cloisons sont amovibles. » Sensible à l’esthétique et au confort de travail, elle trouve l’ensemble plus que réussi.

 

Jacques-Yves

Premier violon ONL 

Il y avait des violons à la maison parce que sa mère en avait joué… On lui en a mis un entre les mains : Jacques-Yves Rousseau avait six ans et pas vraiment d’avis sur la question. À douze ans cependant, quelque chose s’est passé, il ne saurait pas dire au juste quoi, mais il savait déjà que ce serait le violon envers et contre tout, qu’il serait musicien et rien d’autre. On se demande si ceux qui lui ont demandé s’il comptait gagner sa vie en jouant dans le métro s’en souviennent.

Arrivée à l’Orchestre National de Lyon (ONL) en 2001, premier violon solo depuis 2013, la Part-Dieu comme quartier ne lui disait rien qui vaille. Trop de voitures, trop de béton en barres, une architecture certes intéressante mais qui correspond à la vision qu’on avait du futur dans les années soixante, qui finalement ne convient pas à la vie des gens. Lui qui n’aime pas ces coursives qui vont d’une tour à l’autre, vit la musique comme une passerelle vers une certaine idée du divin, du beau. Une passerelle qu’il partage chaque jour avec les autres musiciens, un ensemble au sein duquel il s’est tout de suite bien senti, à cause de sa vibration. Musicale ou humaine ? « Les deux ». Du répertoire, c’est Mahler qu’il préfère.

Une passerelle que le public traverse avec l’ONL, que ce soit aux grands concerts du soir ou aux concerts Expresso, grâce auxquels les mélomanes du quartier mettent à profit la pause de midi pour donner une place à l’art dans leur quotidien. Comme il aime ce partage, Jacques-Yves regrette le manque de vie nocturne dans le quartier. Il faudrait, pense-t-il, des lieux de rencontre pour prolonger ce que l’orchestre a vécu avec le public après le spectacle. Pour « faire descendre l’effervescence en douceur ». Vous aurez donc probablement la chance de le croiser un de ces vendredis après l’un des concerts « AfterWork » que l’Auditorium a mis en place pour cette saison. Consultez le programme !

 

Moncef

Compagnie de danse Tie Break

 Pour Moncef, la Part-Dieu représente « un point de départ », parce que quand il avait 14 ans et qu’il commençait à danser, le centre commercial était une base pour les danseurs de hip-hop lyonnais. « C’était à portée de métro pour tous et surtout, il y avait un sol glissant et un toit quand il faisait froid, on pouvait y danser des heures ». La Part-Dieu, avec la gare, c’est aussi le point de départ du voyage lorsqu’il part en tournée avec la troupe de Tie Break, la compagnie qu’il a créée avec Fares, Nagueye et Patrick – son ami d’enfance. Il est d’ailleurs enthousiaste à propos de la future gare parce qu’elle va être fluide, plus ouverte sur la ville. « C’est la vitrine de la Métropole, quand on arrive c’est la première impression qu’on a de Lyon, c’est important ! »

Le môme passionné d’hier, champion du monde et d’Europe, est aujourd’hui un chorégraphe reconnu qui parcourt le monde pour partager et transmettre sa passion. Il le fait sur scène avec la pièce « Lobby » — plus de 13 000 spectateurs depuis sa création en 2016 — mais aussi sur le terrain avec des projets comme « Maillage » en partenariat avec la Mairie du 3e arron-dissement et le centre de formation SEPR. Le point d’orgue de la dernière édition a été un spectacle à la Bourse du Travail qui a amené sur scène les jeunes du quartier et réuni plus de 1 600 personnes dans le public. Dans cet esprit de transmission, Moncef verrait bien dans ce quartier « qui est en réalité l’autre centre-ville » un spot urbain où il y aurait des prises pour brancher la musique et un sol glissant, accessible à toute heure. Pour montrer que le hip-hop « peut parler à tout le monde » et créer du lien social au travers de la danse.

Sylvie

Maître d’Hôtel Senior Radisson Blu Part-Dieu

Elle est amoureuse, Sylvie. De son métier, de son équipe, de son lieu de travail. Aujourd’hui maître d’hôtel senior au Radisson Blu Hotel, elle a commencé il y a vingt ans comme serveuse pour le service du petit-déjeuner « tout en bas de l’échelle » tout en haut de la tour Part-Dieu – nom officiel du « Crayon », est-ce nécessaire de le préciser ? À l’époque, elle avait un peu d’appréhension quand elle prenait au petit matin le tunnel qui traversait alors l’esplanade : il était mal fréquenté. Depuis, elle a vu le quartier changer « toujours vers plus de modernité » : le centre commercial est plus aéré, les rues plus vertes, les transports en commun plus pratiques. Elle a vu aussi le soleil se lever des milliers de fois sur Lyon et les Alpes au loin, et elle ne s’en lasse pas. Elle dit sa chance de passer ses journées avec la ville à ses pieds – pour tout vous dire, elle a même fêté son mariage au Radisson il y a quelques mois. On s’étonne, son sourire devient encore plus large : « Je ne me voyais pas aller ailleurs alors qu’ici… c’est parfait. » Quand elle décrit la lune éclairant les sommets enneigés en hiver, on rêve d’être un des habitués du petit-déjeuner, ces clients qu’elle considère comme « un peu plus que juste des clients ». Car ce métier qui l’a poussée à quitter ses études d’infirmière la passionne et elle a un don rare pour créer du lien : au centre commercial, elle connaît le marchand de journaux et la pharmacienne, la caissière du supermarché aussi, elle boit un coup pas loin avec les copines après le travail, sa fille a rencontré ici-même le père Noël. Quand on a le dynamisme de Sylvie, on trouve toujours son bonheur à la Part-Dieu.

 

Serpil

Le Salon K, centre commercial Part-Dieu

À quatorze ans, Serpil avait déjà une âme entrepreneuse. C’est elle qui a pris l’initiative d’appeler l’école de coiffure qui l’intéressait, de faire le dossier, de s’inscrire et, avec le soutien de ses parents, de venir s’installer à Lyon. Elle a travaillé d’abord pour des grandes enseignes, puis désireuse de faire comme les chefs d’entreprise qu’elle côtoyait, ou mieux si possible, elle s’est enfin décidée à créer la sienne. Attirée par l’énergie du Centre Commercial Part-Dieu, elle s’y installe en 2011.

Elle intègre très vite le GIE du Centre – Groupement d’Intérêt Economique — où l’on discute et échange sur les performances de chacun, les défis, les projets… « Une véritable école de gestion d’entreprise. J’apprends constamment de nouvelles choses. » Elle s’y sent soutenue, entourée, au point que, entre émulation et synergie, certains de ses collègues sont devenus des amis. Elle n’hésite pas à dire que « c’est un peu comme une famille ».

Le salon K, comme tous les commerces du Centre, est ouvert du lundi au samedi, de 9h30 à 20h sans interruption. Un rythme exigeant que Serpil estime nécessaire « On est l’incontournable downtown lyonnais et bientôt, en 2020, on sera le plus grand centre commercial de France. On se doit d’offrir le meilleur service à nos visiteurs. » De toute façon, elle ne compte pas ses heures et très souvent, finit tard dans la nuit. Ce pour quoi elle apprécie particulièrement la sécurité qui règne dans les galeries à toute heure.

Et si on lui donnait une baguette magique pour transformer quelque chose dans le quartier ? Un temps de réflexion, son élégant sourire devient mutin : « Je créerai la plus grande tour du monde pour dépasser celle de Dubaï et faire parler de notre si belle ville. Et elle porterait mon nom, pour le fun ! »

 

Marc

Président de PYXYA, co-worker au MamaWorks

Marc est le président de PYXYA, start-up tout juste née. Cependant, l’expérience professionnelle combinée des six collaborateurs représente plus de 130 années de savoir-faire dans le domaine de l’IT. Pas mal pour démarrer, n’est-ce pas ?

PYXYA est un opérateur télécoms orienté Cloud qui propose aux entreprises des services d’interconnexion directe de leurs sites à leurs applications hébergées sur Internet… Mais ces questions techniques, bien que fascinantes, sont portées par une aventure humaine. Les cofondateurs de PYXYA collaboraient déjà depuis plus de 10 ans et ont décidé de créer leur propre entreprise à la faveur de l’émergence de la technologie SD-WAN, une véritable rupture technologique et économique, en plein essor aux États-Unis, qui va s’imposer dans les 5 prochaines années en Europe. C’était le bon moment pour eux de se lancer afin de proposer des services innovants d’Intelligence Artificielle appliqués au monde des télécoms. Leur participation au dispositif Lyon-Start Up a été l’élément accélérateur décisif qui leur a permis de concrétiser leur projet, de gagner la confiance d’un premier client et d’immatriculer leur société en quatre mois seulement.

Dans la foulée, s’installer à MamaWorks – nouvel espace de coworking au cœur de la Part-Dieu – est apparu comme une évidence. Pour sa situation dans le 1er quartier tertiaire de Lyon et pour la proximité de la gare, évidemment, mais aussi parce que tout ce dont on a besoin pour travailler est déjà sur place – connexions, imprimantes, calme et lumière naturelle – et qu’il suffit de brancher son ordinateur pour être opérationnel dès la première minute. L’ambiance à la fois conviviale et studieuse a vite confirmé le bien-fondé du choix : « On a comme voisins d’autres start-up, on peut échanger, c’est très important quand on démarre une nouvelle activité en rupture avec les solutions existantes. Parfois on se croise à l’espace café ou à l’espace détente, d’autres fois on fait des réunions plus formelles… Puis il y a tout un éventail d’événements organisés qui permettent de faire des rencontres avec d’autres chefs d’entreprises, ce qui est bon pour développer du business croisé. » De plus, PYXYA a un programme de recrutement sur deux ans, et chez MamaWorks les espaces sont modulables en fonction des besoins… ». Et quand ils seront une trentaine dans 2 ans, comme c’est prévu si tout va bien : « On verra quand on y sera », dit Marc, « mais on restera certainement à la Part-Dieu. C’est un environnement adapté aux entreprises comme celle qu’on espère faire grandir : innovante, ouverte et performante. »

 

Sandrine

Archiviste aux Archives départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon

Sandrine, tout en sourires et fraîcheur, démolit en un clin d’œil le stéréotype de l’archiviste poussiéreux le nez dans la paperasse. À l’instar du bâtiment des Archives, cet écrin doré sur socle de granit noir qui réussit l’exploit d’être extrêmement lumineux alors qu’il n’a pas de fenêtres. Sandrine, qui vient de l’animation culturelle, joue volontiers les guides au cœur de ces 46 kilomètres de documents « de 841 à nos jours. » On y trouve toute sorte de supports : des parchemins et des papiers bien sûr, mais aussi des vidéos, des moulages de sceaux, et même un costume de professeur de Droit – avec sa robe et son chapeau.

La mission des archives départementales, explique-t-elle, c’est de collecter toutes les archives publiques pour les donner à communiquer aux citoyens. « Pour des raisons juridiques et historiques et pour la recherche. C’est très vaste : cadastres, tribunaux, chambres de commerce, agriculture… » Elle s’occupe concrètement du domaine de la culture et de l’enseignement. Et, une demi-journée par semaine, elle a le plaisir d’être en contact direct avec le public en salle de lecture — 530m², 150 places, ambiance à la fois high-tech et studieuse. « Un de nos attraits particuliers, c’est qu’on peut consulter directement les originaux. Parfois, lorsqu’on met dans les mains d’un lecteur un document qu’il recherchait depuis longtemps, il peut y avoir de l’émotion… Pour lui, mais pour nous aussi. C’est vraiment chouette. »

À dix minutes à peine de la gare, les archives sont pleinement intégrées dans le quartier de la Part-Dieu. Sandrine évoque le partenariat culturel pour les visites scolaires avec le Fort Montluc, tout proche, et, à un niveau plus personnel et mélomane, les concerts Expresso à midi à l’Auditorium, aussi « à portée de pied ». Elle adhère sans réserve au nouveau projet urbain : « On a donné la priorité aux piétons et aux vélos, j’aime bien cette idée de revenir à l’individu. Ça crée une proximité différente, les uns avec les autres. »

 

 

Olivier

Responsable des Grands Travaux à la direction Eau et Déchets de la Métropole de Lyon.

Son service a la responsabilité d’une activité dédiée aux travaux, mais aussi des missions connexes en rapport avec les produits utilisés pour traiter et transporter l’eau tout au long de son cycle. Longue est la description du poste qu’occupe Olivier, mais toutes ses missions concourent à un objectif vital : fournir aux habitants de la Métropole de Lyon une eau de qualité en quantité suffisante et permanente. « Qui a la même qualité que l’eau en bouteille, à quelques molécules de chlore près, pour garantir sa pureté lors de son transport dans les tuyaux. Quoi de plus naturel que d’ouvrir son robinet et obtenir une eau potable, ou même de prendre une douche, sans imaginer tout ce qu’il y a derrière tout cela ».

Communicatif, Olivier raconte le cycle de l’eau, décrit le patrimoine de ce Lyon sous-terrain « moins lumineux mais passionnant », et lorsqu’il parle des grands chantiers… Il devient presque lyrique. La transformation de la Part-Dieu lui a offert l’un de ses plus beaux souvenirs professionnels. Il se rappelle : « Il a fallu faire toutes les opérations préalables à l’aménagement du quartier, dont des déviations de grosses canalisations d’eau potable, ce qu’on appelle « des structurants », qui font plus d’un mètre de diamètre. En particulier, celles nécessaires à la réalisation de la future trémie le long du boulevard Vivier-Merle. C’était très contraignant pour la circulation, notamment à l’angle avec Félix Faure, car on a dû pratiquer des trous de 4×6 mètres, d’une profondeur de plus de dix mètres. » Une véritable prouesse technique avec des énormes tuyaux coudés dans les trois dimensions qu’on devait glisser sous la chaussée tout en préservant un gros collecteur d’assainissement… Olivier dessine le collecteur en forme de champignon, explique les défis techniques relevés, les accidents de parcours. Il rit en évoquant « des grands moments de solitude », la fierté partagée par l’équipe parce que la mission a été accomplie en temps et en heure.

Aujourd’hui, il ne reste plus aucune trace de ces mois d’aventure, mais Olivier y songe souvent quand il passe. Ce carrefour, c’est son endroit préféré du quartier.

 

Marc

Chauffeur de taxi

Gentleman taxi, Marc est chauffeur à Lyon depuis vingt-deux ans. Il est arrivé dans ce métier un peu par hasard et beaucoup pour la passion de la conduite, la passion du relationnel. Et pour l’indépendance, qui est extrêmement importante pour lui.

Il connaît la ville comme sa poche et pourrait se passer de GPS. Quand il décrit le quartier, il donne le nom de rues avec une précision époustouflante – il fait volontiers le guide touristique pour ses passagers, en anglais au besoin. Il titille notre curiosité à propos de la place Pierre Renaudel, « un lieu assez particulier, autant pour son architecture que pour la drôle de sculpture de motard, côté sud ». Il s’agit de l’œuvre « La belle et la bête » de l’américain Charles Semser, qui vaut en effet le détour. Si on était perdu dans la nuit, on voudrait que la lumière verte qui approche soit celle de la voiture de Marc…

Sauf que la nuit, il ne travaille plus. Il l’a fait, au début. Mais la vie de famille a pris le dessus et il préfère aujourd’hui se lever de bonne heure. Ce qui lui semblait inimaginable quand il a commencé. Dès 5 heures du matin, il amène des voyageurs aux premiers départs du TGV et à l’aéroport, une clientèle d’affaires qu’il a vu augmenter d’année en année. Il a en tête l’horizon 2023 et la fin des travaux, convaincu que l’aboutissement du projet de réaménagement de la gare fera oublier les désagréments actuels. Il en veut pour preuve la disparition de la trémie de la rue Garibaldi. À l’époque, il voyait le changement d’un mauvais œil, aujourd’hui, il trouve que c’était le bon choix : « Les abords sont plus sympathiques, la rue bien plus avenante et pratique. La gare avait besoin d’un bon check-up. Et c’est ce qu’ils sont en train de faire. »

Zakariae

Agent de sécurité, gare SNCF

Avec sa tenue orange facilement repérable dans la foule et son sourire poli, Zakaria donne des indications à un couple de voyageurs qui n’arrive pas à trouver la bonne voie. Cela fait partie de son travail à la gare de la Part-Dieu : informer, orienter et avant tout, assurer la sécurité des biens et des personnes au milieu des 125 000 usagers quotidiens.

Depuis bientôt trois ans, il arrive vers 4h45 et se prépare pour faciliter l’embarquement du premier TGV pour Bruxelles. On imagine les halls silencieux, presque déserts, il nous détrompe : « Ici, il y a toujours du monde, car c’est la première gare de correspondance en Europe et c’est aussi un grand carrefour des transports en commun de la Métropole. » En effet : 30 000 personnes la traversent chaque jour sans prendre le train pour franchir les voies ferrées et passer de l’est à l’ouest du quartier. Elle est connectée à 3 lignes de tramway, la ligne de métro, une gare routière et de nombreuses lignes de bus.

Zakariae a visionné souvent les vidéos qui présentent la future gare et il est formel : non seulement elle répondra à la fréquentation croissante de la gare mais en plus elle sera magnifique. « Les travaux paraissent longs, c’est la vérité, mais c’est bien de tout refaire en même temps. Petit coup de cœur pour « le petit centre commercial où les voyageurs pourront trouver ce dont ils ont besoin entre deux trains sans stresser. » Il veut parler de la galerie Béraudier – où l’on trouvera des commerces en rez-de-chaussée, des espaces de vente au 1er étage ainsi qu’un restaurant et un centre d’affaires. « On voit bien, conclut-il, que le but est de mieux accueillir les voyageurs, et j’y suis particulièrement sensible car cela correspond tout à fait à mon métier. »

 

Lorris

apiculteur

Apiculteur qui monte dans les tours, entrepreneur aux projets pleins de douceur : voici Lorris, fondateur de Graine d’abeilles. Une entreprise axée sur deux volets : l’apiculture classique en campagne, avec élevage des abeilles et production de miel, et l’apiculture urbaine, avec installation des ruches en ville au sol ou sur des toitures d’entreprise. En l’occurrence, tout en haut de l’immeuble Terra Mundi, pour le compte du bailleur social Grand Lyon Habitat. Depuis trois ans, Lorris a posé quatre ruches, c’est-à-dire, quelque 240 000 abeilles. « Mais seulement une partie de la colonie part butiner, explique-t-il, les autres restent à la ruche pour réaliser les différents travaux d’entretien de la colonie et pour soigner la progéniture. »

La première année, c’était une « année test » et Lorris se demandait si les abeilles trouveraient de quoi se nourrir. Ce fut un succès : trente kilos de miel récoltés par ruche. Le parc de la Tête d’Or n’est pas si loin, et les arbres qui bordent les routes sont souvent des tilleuls, une espèce mellifère. Aujourd’hui, ses abeilles se portent bien. L’entretien implique une quinzaine de passages dans l’année, sachant qu’entre avril et fin juin les abeilles sont particulièrement actives. Il doit être alors vigilant pour éviter ce que l’on appelle les essaimages — car les abeilles peuvent partir avec la vieille reine… Et c’est délicat, un nuage d’abeilles se promenant dans un quartier comme Part-Dieu. D’ailleurs, il y a deux ans, un petit essaimage est descendu sur la place de Francfort, tout le monde en parlait ! « Il n’y a jamais eu de piqûres, les abeilles ne sont pas dangereuses à ce moment-là, leur préoccupation est de trouver un nouvel endroit pour faire un nouveau nid… Mais c’est très impressionnant, car ce n’est pas quelque chose qu’on voit souvent. » Et cela lui a permis de communiquer sur le projet et d’échanger avec le public. En parfait accord avec le but de son entreprise : « Graine d’abeilles sème la nature en ville ».


Julien

M’Roc Part-Dieu

Julien a le verbe élastique et un sourire aérien, à moins que ce ne soit le contraire. Il est un ambassadeur enthousiaste de M’Roc, une des trois salles d’escalade de bloc de Lyon. Pédagogue, il explique : cette discipline se pratique sans cordes, sans assurage, contrairement à l’escalade de voie. À M’Roc Part-Dieu, les parois montent à 4,5 mètres de hauteur, et quand on tombe – ça arrive, c’est prévu — on atterrit sur de très très gros tapis. Il y a des gestes techniques à apprendre et à maîtriser pour éviter la blessure. Après une pause de quatre ans, Julien a repris ses études pour obtenir, en alternance, une licence pro de Gestion et management à l’Université Lyon III, qui se situe à cinq minutes à pied de la salle, au bout du boulevard Vivier-Merle. Il est en ce moment à la recherche d’un appartement. Dans le quartier ? « Pourquoi pas. C’est animé la journée, mais calme le soir. Et le calme, j’en ai besoin. » On peut comprendre : même quand il a des cours toute la journée, il passe à M’Roc pour déjeuner – l’espace bistro est sympa, la carte légère et alléchante – pour bosser ou pour grimper. Après sa licence, il espère diriger un site dans l’esprit de celui-ci, et quoi qu’il en soit, évoluer dans le domaine du sport et de l’escalade. Pour l’instant, il accompagne la direction de M’Roc dans la mise en place du pôle bien-être au sein de la salle, un espace qui proposera des cours de yoga et de Pilates et un large éventail d’activités « esprit sain dans un corps sain ». Dans l’absolu, il préfère les grands espaces, cependant il est galvanisé par l’énergie qui vibre dans les rues de la Part-Dieu. « L’ensemble est beau et assez vert d’une façon générale » et il soutient complètement les travaux : « C’est important qu’un quartier business garde un esprit contemporain, qu’il ressemble aux gens qui l’habitent. » La forme qui rejoint le fond ? « Exactement ».

Gérard

Bénévole à la Maison du Vélo

La maison du Vélo s’est installée aux 244 rue Garibaldi, pile en face de la piscine, il y a seulement quelques mois : la peinture des nouveaux locaux est encore fraîche et Gérard en a encore sur les mains. Il est bénévole à l’association depuis 2012, il venait alors d’arriver à Lyon. Plus qu’un moyen de transport, le vélo est pour lui une philosophie de vie qui permet de s’affranchir de la technique et de porter un autre regard sur le monde : « Lao Tseu dit « un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas », je pense que le premier coup de pédale permet de voir le monde autrement. » Il sait de quoi il parle, chaque année il fait une grande randonnée… de 700 kilomètres. Moniteur de la vélo-école, il a concocté des circuits avec une progression dans la longueur et la difficulté pour s’adapter aux besoins de l’élève… C’est dire s’il connaît les pistes cyclables de Lyon – il apprécie particulièrement l’aménagement cyclable de la rue Garibaldi, séparé du reste de la circulation sur le côté droit. Il a cependant une remarque, il faudrait en améliorer la signalisation. D’après lui, les Lyonnais ne sont pas encore tout à fait habitués à partager la chaussée : les piétons marchent sur la piste comme si c’était un trottoir, les conducteurs oublient qu’ils partagent la chaussée avec les cyclistes, et ceux-ci roulent parfois trop vite… »

Gérard n’a pas encore eu le temps de prendre ses marques dans le quartier, qui a pour lui des contours flous : « On connaît les tours, la gare, mais on n’arrive pas à savoir où commence et finit la Part-Dieu précisément. On a l’impression que c’est ouvert aux quatre vents. C’est peut-être à cause des grandes avenues, si ouvertes, si larges, auxquelles il trouve un petit côté Berlin Est du temps de la RDA. « En plus riant ! » précise-il, rieur aussi. À Berlin, il s’envole dès qu’il peut et il espère que bientôt la cohabitation auto-vélo à Lyon sera aussi harmonieuse que là-bas. Les améliorations cyclistes prévues dans le nouveau projet du quartier devraient y contribuer.

Fabrice

Restaurateur — Double 7

Fabrice a un long parcours dans la restauration – débuts dans une adresse doublement étoilée, des palaces et autres grands noms de la région et de la Suisse – et le Double 7 au 77 du boulevard Vivier-Merle est son deuxième établissement dans le quartier de la Part-Dieu. « Très vite après l’ouverture du premier, nous devions refuser du monde. » S’il parle au pluriel, c’est qu’il travaille avec Stéphanie, son épouse, associée et complice. « Nous avons toujours un projet en perspective, mais dans ce cas-ci, le dynamisme du quartier nous a entraînés et a accéléré notre propre évolution ». Pour répondre donc à la demande, ils ont commencé à chercher des locaux. À l’époque – 2014 – l’immeuble Terralta était encore au stade de projet. Stéphanie et Fabrice ont soumis le leur, les promoteurs ont été séduits et dès avril 2017, le Double 7 ouvrait ses portes.

À la carte, une cuisine de saison pour varier les plaisirs puis quelques plats pivots — tartares et burgers. Que des bons produits servis par une équipe bien rodée où le professionnalisme rivalise avec la sympathie. Deux conditions indispensables pour satisfaire les plus de 200 personnes qui viennent déjeuner du lundi au vendredi dans cette salle chaleureuse aux couleurs berlingot – et les beaux jours, la terrasse sur cour, fraîche et calme, est prise d’assaut…

Fabrice estime que le niveau culinaire du quartier ne cesse d’augmenter… « Il y a des belles tables « bistronomiques » à la rue Danton, et bien sûr Les Halles, incontournables. » Mais lorsqu’on lui demande son endroit préféré du quartier, c’est l’architecture qu’il met en avant : « La perspective du boulevard Vivier-Merle depuis le sud, avec ce bâtiment comme une proue de bateau et le Sky 56. Quand le projet sera abouti, cela fera une magnifique porte d’entrée à Lyon. »

Coralie

Professeur de pilates, UNDÔKAÏ

Coralie dégage un dynamisme serein qui donne envie de se mettre à la méthode Pilates dès aujourd’hui. Normande d’origine mais Lyonnaise depuis douze ans, elle se souvient de son arrivée dans ce quartier aux grands immeubles où les gens marchaient vite et où l’on trouvait « vraiment tout ». Les tours lui donnaient un peu le vertige, mais « c’était Beau ! » — Eh oui, on entend la majuscule quand elle s’exclame. Autre chose qui lui plaît dans le quartier, c’est la présence d’espaces verts, « c’est arboré, mais ça va l’être encore plus après les travaux, notamment la place de Francfort à deux pas d’ici ». On y trouvera 4 essences d’arbres : ginkgo biloba, févier, poirier et cèdre.

Pendant les cinq dernières années, elle a mené une double vie professionnelle : employée administrative d’une société de restauration à la gare le matin et à partir de midi, prof de fitness à l’Espace Undôkaï. Dynamique, on disait. Depuis six mois, cependant, elle a changé de rythme, car sa priorité, confie-t-elle avec un sourire attendri, c’est de passer un peu plus de temps avec sa fille, qui aura bientôt deux ans. Elle veut la voir grandir.

Le visage du quartier qu’elle préfère est celui qu’il offre pendant la pause de midi, dont elle est, d’une certaine façon, l’incarnation : un moment que chacun prend pour soi, soit pour se ressourcer à table soit, comme ses élèves, pour se recharger en se dépensant. Ils forment un groupe hétérogène dont les points communs sont qu’ils travaillent tout près et qu’ils sont fidèles depuis des années à ce rendez-vous à Undôkaï — un mot japonais qui signifie littéralement « rassemblement sportif », et qui résonne bien dans ce lieu de pratique sportive de 600 m² tout près de la gare.

L’ambiance est joyeuse, et malgré le temps qui presse toujours, il y a des conversations amicales, des sourires échangés, parfois de la franche rigolade. C’est pour cela que Coralie voit ses cours comme « la grande inspiration qu’on prend avant de se remettre au boulot ». Elle est heureuse de participer ainsi au côté plaisir loisir du quartier qu’elle retrouve lorsqu’elle s’accorde une virée shopping.

Coralie,

voisine, maître composteur

Jardinière urbaine, Coralie habite la résidence Desaix, œuvre des architectes Jean Zumbrunnen et Jean-Baptiste Mathon. « Je suis bretonne, j’ai grandi aux pieds de paquebots, et en voyant l’échelle de ce bâtiment… j’avais une attirance » explique-t-elle. Si elle n’a pas l’impression d’habiter un monument, elle est consciente de sa valeur patrimoniale et historique. Qui commence à être reconnue : « Quand on a emménagé, il y a douze ans, on nous disait qu’on vivait dans une cage à lapins. Maintenant, c’est vintage ! » Tendance ou pas, cet appartement traversant Est-Ouest, avec ses deux loggias débordantes des plantes que Coralie fait pousser à foison, donne envie d’y emménager. Les voisins – 230 logements tout de même — appellent cette barre « la grande Maison ».

Coralie a une perception aiguisée du quartier de la Part-Dieu « Il y a tellement d’ambiances qu’on pourrait même dire « les Parts-Dieu. » Mais c’est qu’elle voit l’invisible, cela fait partie de son métier de maître composteur : elle voit le potentiel des déchets, les interstices dans les trottoirs, le pouvoir des gestes individuels. La Métropole de Lyon l’a missionnée pour développer le compostage citoyen, notamment sur l’espace public, et son rêve serait que Part-Dieu devienne un quartier compostant… À tous les niveaux, celui des toits en premier : « On peut regarder la skyline ou la chaîne des Alpes, mais quand on est en haut d’une des tours, on voit aussi pas mal d’évacuations de clim. « Alors qu’on pourrait créer avec le compost un sol « made in Part-Dieu » et y faire pousser plein de choses qui ne demandent qu’à se développer. » La végétalisation du toit du centre commercial et du parking des Halles va dans le sens de sa vision. Pour que le gris et le vert et brun, le béton et la nature, le dur et le tendre, trouvent leur place au cœur de la ville.

Ariel, dix ans

Fan de foot et élève de CM2

Il est taiseux, Ariel. Son expression est réservée quand il explique qu’il a déménagé dans le quartier il y a deux ans avec ses parents et ses deux grandes sœurs. Il ne connaissait alors que la bibliothèque, et démarrer dans une nouvelle école n’a pas été facile. Mais la nouvelle maison a un jardin et lui, un sourire espiègle parce qu’en plus maintenant il n’est plus le nouveau et que tout va bien pour lui à l’école Charial. Et puis, il peut y aller tout seul – les trottoirs sont larges, les passages piétons bien balisés. Mais il aime toujours autant quand un grand l’accompagne. Et aller seul au bureau de tabac du coin s’acheter des images. On apprend, par ailleurs, que les pains au chocolat de la boulangerie un peu plus loin que la boulangerie tout près de la maison sont vraiment bons. Et ça, c’est un point pour le quartier.

Ce qu’il préfère, c’est jouer au foot. Il joue en équipe depuis peu, mais surtout, il joue sur le terrain du square du Sacré-Cœur – et oui, il y descend tout seul — avec ceux qui aiment comme lui donner des coups de pied au ballon. Des garçons et des filles ? Plutôt des garçons, apparemment. Il a suivi la Coupe du Monde cet été ? Ça va de soi. Et il y a des joueurs qu’il préfère ? Modric, un joueur croate et Mbappé. Pourquoi Modric ? Parce qu’il trouve qu’il lui ressemble un peu. Et pourquoi Mbappé ? Haussement d’épaules presque consterné : la réponse devrait sauter aux yeux comme il saute d’une corde à l’autre sur « l’araignée » qui se dresse sur un angle du parc Nelson Mandela. Qui ressemble un peu à un stade avec ses bords en talus et sa grande pelouse.

Autre chose qu’il aime faire dans le quartier ? Aller au cinéma du centre commercial. Les films en grand écran et être dans le noir c’est autre chose qu’à la maison : on rentre beaucoup mieux dans la peau d’un superhéros.

Karima

Conductrice TCL

Karima est conducteur de bus TCL depuis 12 ans. Elle insiste sur le mot « conducteur », n’en déplaise aux féministes : « je ne relie pas le sexe et le métier de la personne. » Un métier, explique-t-elle « qui va bien au-delà d’acheminer les gens d’un point A à un point B. On a la responsabilité des vies humaines et la responsabilité du matériel. » Notamment, les Cristalis, ces longs trolleybus articulés de 18 mètres dont elle est gaga. « La première fois que je les ai vus, j’étais comme le loup des dessins animés quand il voit une belle nana. J’avais les yeux en forme de cœur, je les trouvais impressionnants. Beaux. » Elle n’en a pas démordu jusqu’au moment où elle s’est retrouveée au volant de l’’un d’eux – et tant pis pour ses études de Droit. Et tant mieux pour les usagers qui retrouvent son sourire solaire chaque jour sur les lignes C1, C2 ou C4.

Chaque jour, elle traverse plusieurs fois le quartier de la Part-Dieu qu’elle qualifie de « très mouvementé. » Stressant ? « Non, c’est juste une zone d’extrême vigilance : les gens sortent du centre commercial et s’élancent vers le quai du tram sans regarder ! On est tout le temps aux aguets ! » Dans le projet de réaménagement, la galerie traversante le long de la rue Servient et les deux entrées repensées ont été prévues justement pour faciliter les déplacements piétons. Elle approuve. Quant aux vélos qui, dit-elle, lui « font toujours des frayeurs ! » elle espère que les voies cyclables vont contribuer à améliorer le partage de l’espace public avec les cyclistes. Dans ce sens, qu’elle soutient la tendance à diminuer l’importance de la voiture pour favoriser les autres modes de transports. « Il y a une ligne de métro, trois lignes de tram et onze lignes de bus pour venir ou repartir de Part-Dieu. C’est plus écolo et… tellement plus simple ! »

 

Marie-Laure

Cordiste

Marie-Laure travaille depuis quatre ans chez Everest, un spécialiste de travaux d’accès difficile et de hauteur. On l’a rencontrée avec Matthieu, son binôme, au sommet du rooftop de Sky 56 et on avait le souffle doublement coupé : d’un côté, la vue imprenable sur Lyon, de l’autre, ces deux voltigeurs du bâtiment, suspendus au-dessus du vide au flanc des étonnantes façades incurvées. La fin du chantier approche et ils s’occupent du nettoyage et de la remise en état pour que le bâtiment soit « tout étincelant » au moment de son inauguration.

Il est fréquent d’apercevoir des cordistes comme eux faire l’homme-araignée à la Part-Dieu, le relief du quartier ne peut se passer d’eux : la tour Oxygène avec ses 117 mètres et 28 niveaux ; InCity, 200 mètres et 39 étages, le plus haut gratte-ciel du ciel lyonnais et qui le restera même lorsque To-Lyon dressera ses 170 mètres au sud de la place Béraudier à l’horizon 2022. Pour Marie-Laure, biologiste de formation, rien de plus naturel que cette évolution : « Les villes sont amenées à changer tout le temps, il faut laisser la ville évoluer et s’exprimer. »

Amoureuse des arbres et écolo, Marie-Laure a même habité pendant 3 mois sur un séquoia en Californie pour éviter que des bûcherons ne l’abattent. Elle adore vivre « perchée », enfiler son baudrier – sa seconde peau – et se concentrer sur la tâche à accomplir au-dessus de la foule. Accrocher des étoiles au centre commercial, installer des lumières tout en haut du Crayon, réparer des fuites sur des verrières : « C’est stimulant comme travail, que ce soit la réparation ou le nettoyage : chaque jour est différent, parce que chaque situation est différente et demande une solution adaptée. Et c’est marrant de laisser une empreinte dans la ville. » Pour elle, le quartier de la Part-Dieu, où chaque bâtiment a une personnalité « c’est un énorme terrain de jeu qui ne cesse de s’agrandir ».

Axelle,

Bibliothécaire, bibliothèque municipale Part-Dieu

Axelle a un beau regard. Dans tous les sens du terme. Ses yeux éblouissants, très expressifs, savent voir la beauté de ce quartier à l’architecture utopiste : pour elle, la Part-Dieu a une véritable identité esthétique. Les grandes tours, les hautes façades vitrées réfléchissantes qui créent des lumières magiques. L’éclairage public magnifiquement réussi qui se prolonge avec les lumières des bus, trames et autres entités en mouvement. « Cela suscite, à la tombée de la nuit, surtout le dimanche quand c’est très calme, des ambiances uniques qu’on ne trouve nulle part ailleurs à Lyon. »

Bibliothécaire à la bibliothèque municipale depuis quinze ans, Axelle se dit heureuse de travailler dans un établissement qui possède un si grand fonds d’art – cela correspond exactement à ce qu’elle visait avec ses études – et la photographie la passionne.

Elle parle en connaisseuse de ce quartier de flux, un quartier commercial « un peu compliqué, où tout est fait dans le sens d’un mode de consommation qui me convient moyennement. » À son niveau, elle essaie d’être « moins dans cette dynamique de flux et plus dans une dynamique de lien ». Elle n’est pas la seule, bien sûr. L’équipe est riche, compétente et très attachée à sa mission d’accueil : répondre à certains besoins sociaux est un véritable souci. L’espace CV pour ceux qui sont à la recherche d’un emploi, l’écrivain public pour ceux qui ne s’expriment pas bien en français – ou pour qui le jargon administratif est un cauchemar. La bibliothèque est un repaire et un repère où l’on ne vient pas seulement emprunter des livres ou faire des recherches, on y vient aussi pour se poser et se reposer.

Elle attendait avec impatiente le retour des faucons pèlerins aux nichoirs installés sur le silo de la bibliothèque. C’est chose faite. D’une voix émerveillée, elle parle de grands vols d’étourneaux qui se glissent entre deux buildings et aimerait qu’on invente encore d’autres formes de partage de l’espace urbain avec les oiseaux. Parce que les oiseaux, comme les livres, nous aident à porter plus loin le regard. 

 

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